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JAPON.

« Au Japon, il n'y a que les enfants de la femme donnée par l'empereur qui succèdent. » (MONTESQUIEU, Esprit des lois, liv. XXIII, ch. v.)

ETHIOPIE.

«Parmi plusieurs nations d'Ethiopie, à la mort du roi, le fils de sa sœur monte sur le trône.» (CHARLEVOIX.)

AMÉRIQUE.

«Chez les sauvages de l'Amérique méridionale, l'enfant appartient à la mère, attendu l'incertitude de la paternité. » (CARVER, Voyages.)

Chez les Natchez, le chef surnominé le Soleil n'était jamais le fils de l'ancien chef, mais l'enfant de la sœur du Soleil.

La même chose a lieu encore chez les Iroquois, les Hurons et les Indiens du Mississipi.

Les Indiens considerent que les enfants de la sœur d'un chef peuvent être regardés avec plus de certitude comme étant du sang de ce chef que ses propres enfants.

Les Indiens prétendent que la femme est, bien plus que l'homme, la source de la famille; aussi donnent-ils toujours à leurs enfants le nom de leurs aïeules maternelles.

Il y a des nations chez lesquelles la raison d'Etat ou quelque maxime de religion ont demandé qu'une certaine famille fut toujours régnante. Telle est, aux Indes, la jalousie de caste et la crainte de n'en point descendre. On y a pensé que, pour avoir toujours des princes du sang royal, il fallait prendre les enfants de la sœur aînée du roi. Voy. les Anciennes et nouvelles relations de l'Amérique du Nord et des Indes orientales.)

« Parmi les Hurons, à la mort du prince, ce n'est pas son propre fils, mais le fils de sa sœur où le plus proche parent dans la ligne maternelle qui lui succède. » (CHARLEVOIX.)

Autrefois, à Haïti, la dignité de prince était héréditaire; mais lorsque le cacique inourait sans enfants, la souveraineté était dévolue aux enfants de ses sœurs à l'exclusion de ses frères.

«Certains traits de mours contrastent singulièrement avec l'ensemble des sentiments et des coutumes des Iroquois. On sait que parmi eux la femme est la servante de son mari, porte les fardeaux et le gibier, etc. Eh bien, la mère est, à quelques égards, plus que le père dans la famille iroquoise; non-seulement les enfants appartiennent a la mère, mais ils suivent l'oncle maternel plutôt que le pere lui-même. » (J.-J. AMPÈRE, Promenade en Amérique, 1853.)

TURQUIE. Les musulmans ne portent que des noms de baptême: Abd'Allah (donné par Dieu), Ibrahim (Abraham), Hassan, etc. On y joint souvent, pour plus de

clarté, le nom du père de l'individu, quelque épithète caractéristique de sa personne, kutchuk, le petit, kara, le noir; ou la désignation de sa profession. Quelques familles seulement ont reçu en Turquie des noms héréditaires en récompense nationale, par exemple, les Kuproli, dont la race a fourni trois ministres éminents à l'empire.

DOUAIRE.

GRÈCE. Athènes. - « Il était d'usage, dans les mariages, que les époux se fissent des présents anténuptiaux. Ces présents avaient plus ou moins d'importance. L'upobolon, ou donation avant le mariage, que le mari faisait à la femme, est resté célebre et remonte aux plus hautes anquités grecques. Ordinairement, outre l'anneau nuptial que le fiancé donnait à la fiancée comme une arrhe où un gage de mariage, on offrait à la fiancée des bijoux, des habits, des parures et autres objets... Ce n'est pas tout le lendemain des noces, le beau-père faisait un cadeau en grande pompe à l'épouse, afin de célébrer son premier séjour dans la maison conjugale; lui, le mari, lui faisait aussi, ob præmium defloratæ virginitatis, un don qui, par une de ces similitudes qui naissent de la nature même plutôt que de l'imitation, rappelle exactement le morgengabe, ou don du matin, des nations germaniques. Enfin, le troisième jour des noces, lorsque la femme sortait de la maison et se montrait en public, le mari lui faisait un nonveau présent. » (TROPLONG, du Contrat de mariage, préface.)

GERMANIE. —« Ce n'est pas dans le droit romain qu'on doit chercher l'origine du douaire; il n'y a rien dans ce droit qui y ait rapport : nous la trouvons plutôt dans les neurs des anciens peuples de Germanie qui se sont établis dans nos provinces. Tacite, de Moribús Germanorum, rapporte que chez ces peuples les femmes n'apportaient pas de dot aux maris, mais en recevaient : Dotem non uxor marito, sed maritus uxori affert. Cette dot, que la femme, au rapport de Tacite, recevait du mari, était vraisemblablement la même chose que ce qu'est notre douaire, c'est-à-dire quelque portion que l'homme, en se mariant, assignait dans ses biens à la femme qu'il épousait, pour par la femme en jouir après la mort de son inari, en usufruit pour sa subsistance. Les femmes, chez la plupart de ces peuples, comme chez les Saliens, étant incapables de succéder aux héritages de leurs parents, il était nécessaire que leurs maris pourvussent de leurs biens, après leur mort, à la subsistance de leurs veuves.» (POTHIER, Traité du Douaire, part. I, ch. 1.`

« Outre la dot qu'il avait constituée à sa femme, le mari

lui faisait, le matin qui suivait la première nuit du mariage, un don appelé morgengabe..., proportionné à la fortune de l'époux... Dans le traité de 587, le roi Chilpéric donne des cités entières à Galswinthe à titre de morgengabe... L'usage s'introduisit de stipuler ce don par les conditions du mariage... Ce fut probablement l'origine du douaire dont il est question dans toutes les coutumes rédigées sous la troisième race. » (Loi salique, édition de Pardessus.)

SAXONS. -«Le consentement obtenu, les parties passaient un contrat dans lequel on stipulait le douaire que le futur apportait à sa femme.» (L. GALIBERT et C. PELLÉ, Histoire d'Angleterre, t. I, p. 167.)

« Edmond régna sur les Anglo-Saxons de 940 à 946. Ses lois témoignent du progrès de la civilisation à cette époque.

» Le futur est obligé, à l'époque de ses fiançailles, de fixer ce qu'il donnera à sa femme, lorsqu'elle se sera prêtée à ses désirs, le don du matin; et ce qu'il lui destine, si elle venait à lui survivre, le douaire. Ainsi, au lieu du prix d'acquisition qu'on donnait aux parents de la mariée, c'est la dot qui revient à la femme elle-même.» (KOENIGSWARTER, Eludes historiques sur le développement de la société humaine.)

FRANCE ET ANGLETERRE (moyen-âge). «Le douaire coutumier était la jouissance de la moitié des biens que possédait le mari au jour du mariage, si l'on en croit Beaumanoir; cette quotité de moitié se retrouve dans les Assises, ainsi que dans beaucoup de coutumes de France et d'Angleterre; la coutume de Paris l'avait adoptée; néanmoins le douaire coutumier était le plus ordinairement du tiers, les deux tiers étant réservés à l'aîné des enfants, par suite de cette idée qui faisait considérer l'indivisibilité des deux tiers du fief comme nécessaire pour assurer le service féodal... La grande charte établit le douaire coutumier au tiers, comme faisait la coutume de Normandie..... et ce n'est pas seulement sur le tiers des héritages possédés au jour du mariage qu'elle établit le douaire, mais sur le tiers des héritages que le mari a possédés durant sa vie. Pareille variation se fit en France vers le quatorzième siècle. » (LABOULAYE, Recherches sur la condition des femmes, liv. IX, sect. 1, tit. 11, chap. 1.)

ORIENT.-«On sait que c'est l'homme qui dote sa femme en Orient. Il est bon de remarquer que la dot ou le douaire d'une femme est entièrement à sa disposition, et à l'abri de la surveillance et des prétentions de son mari ou de ses créanciers. (HÉDAYA, 11.) Elle est tellement indépendante sous ce rapport, que souvent, les mères ayant donné

leur douaire à leurs fils, ceux-ci ont obligé le père à les payer. » SOKOLNICKI, Mahomet, legislateur des femmes, 2 édit., p. 35.)

«En Turquie, le mariage n'est qu'une déclaration de consent ment mutuel faite par des majeurs de dix-huit ans pour les hommes, de dix-sept ans pour les femmes. L'époux a droit absolu de divorce sous la responsabilité de sa conscience, mais seulement trois mois après avoir donné devant le magistrat acte légal de son intention de répudiation. Il doit, dans ce cas, à la répudiée restitution de sa dot; et, s'il y a lieu, une pension alimentaire. En certaines occasions, notamment celles d'apostasie ou d'impuissance de son conjoint, l'épouse peut également faire prononcer le divorce à son profit.» CH. ROLLAND, La Turquie contemporaine, 1854.)

Druses. - C'est le mari qui donne une dot à la femme: elle a droit à une seconde dot en cas de veuvage ou de répudiation.

Arabes de l'Afrique occidentale. Généralement, ils constituent à leurs femmes un douaire, soit en le livrant au comptant, soit en se constituant simplement débiteurs. Cet usage est même sans exception au Trazza, et c'est à lui qu'est due la durée de leurs mariages; car s'il prend fantaisie au mari de quitter sa femme, il perd le douaire donné ou le pare s'il n'était que promis...

« A Noun, l'usage de constituer un donaire n'existe néanmoins que chez les riches. Il varie selon l'importance de la fortune du mari et la beauté de l'épouse; il est payé au comptant, ou partie au comptant et partie à terme. » (LÉOPOLD PANET, Kelation d'un Voyage du Sénégal à Soueira (Mogador).

ILES MARIANNES. Tous les meubles de la maison appartiennent aux femmes, et le mari n'en peut disposer qu'avec l'autorisation de son épouse. S'il est querelleur, opiniâtre, ou dérangé dans sa conduite, elle est autorisée à le punir ou à l'abandonner.

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« Le prix d'achat, le don du matin et le douaire représentent trois époques successives de l'émancipation de la femme.

» Dans la première, si le prix donné n'est plus la composition du rapt, ou la valeur de la fille même, il est au inoins payé pour la garde, pour le pouvoir que le mari acquiert sur son épouse. Si la femme n'est plus esclave, elle est au moins encore l'inférieure de l'homme.

» Dans la deuxième phase, le don du matin révèle déjà des sentiments plus dignes et plus tendres : le mari cher

che à indemniser l'épouse de la perte de sa virginité. C'est l'expression du bonheur, de la passion satisfaite.

» Enfin, le donaire vient révéler le véritable amour conjugal, qui, étendant sa sollicitude au-delà de la tombe, donne a la veuve, à la mère de famille, une position digne et indépendante.....

» L'achat des femmes fut la première formule du mariage humain. Il remplaça l'état sauvage où l'homme ravissait l'objet de ses désirs.

» Ce que l'homme paya d'abord aux parents, était le prix d'une chose, car la femme commença par être considérée comme objet de volupté, avant de s'élever, par une émancipation lente et graduelle, à être la compagne et l'égale de l'homme; ou bien c'était la composition du rapt, si le consentement des parents n'avait pas d'abord été obtenu. Devenu ensuite le prix du consentement, les parents sont obligés de le partager avec la fiancée même, là où son propre consentement commence à être nécessaire. L'amour fait naître le morgengabe, le don du matin; la reconnaissance et la prévoyance de l'époux et du père de famille, le douaire. Le christianisme, ayant donné au mariage la nature de sacrement, fit complètement disparaître l'ancienne forme de contrat; l'idée de l'achat disparut, mais le douaire, que les Capitulaires, les conciles et toutes les lois des nations modernes ont considéré comme un des points les plus essentiels du régime des biens entre époux, est né de l'ancien prix de l'achat et du don du matin.» (KOENIGSWARTER, Etudes historiques sur le développement de la société humaine.)

Tel que je le conçois, le douaire universel différerait peu de ce qui existe sous les noms suivants: douaire, don du matin; ce que les Saxons appelèrent morgengabe; les Germains, dos; les Anglo-Saxons, fœdering-feoh; les Burgondes, willernon; les Visigoths, dos ou arra; les peuples celtiques, amwabyr, cowilth et egweddi; les Slaves, przywianck; les Hongrois, darowniza; les Lithuaniens, podarunck za wienec (donation pour la couronne virginale).

PARAPHERNAUX.

GRÈCE.... Le père de Démosthènes, par son testament, avait laisse sa femme à un ami avec charge de l'épouser; et, outre la dot qu'il avait assignée à sa femme, il lui donna en paraphernaux une maison estimée deux mille drachmes, de l'or, des habits, des vases précieux... » (TROPLONG, du Contrat de mariage, préface.)

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